La Galerie des souvenirs - est un projet documentaire qui va à la rencontre de lecteurs et lectrices pour faire ressurgir les images et les histoires du Père Castor, qui ont marqué leur enfance. Dix personnes témoignent autour d'albums jeunesse qui résonnent encore en eux aujourd’hui. Entre récit de vie et fiction intime, chaque histoire est singulière. L’ensemble montre la force et la richesse de la collection, comme de nos imaginaires.
Suite aux entretiens, j'ai proposé à chacun.e continué de se promener dans ses souvenirs en "fabriquant" une photo en studio. Il s'agissait de mettre en image, son imaginaire en lien avec sa propre histoire du Père Castor, en retrouvant le temps d’une séance portrait une âme d’enfant.
Roule Galette, Marlaguette, Panache l’écureuil, Oui maman, Les Bons Amis, La Ferme, Louis du Limousin, Boucle d’or… Les albums évoqués deviennent autant de portes d’entrée vers des souvenirs personnels mais aussi vers des thèmes toujours actuels : la nature et le vivant, l’entraide, l’autonomie, la découverte du monde, la transmission ou encore le plaisir de raconter et de partager des histoires.
Photographies, paroles recueillies, albums et documents issus des archives se répondent ainsi pour raconter une histoire à la fois intime et collective du Père Castor.
Roule Galette, pour moi, c’est vivre la liberté : Tu en as marre d’être sur le bord de la fenêtre à attendre que ça vienne, alors tu pars, parce que tu as besoin de t’ouvrir à autre chose… roule Galette ça invite à se laisser guider par la vie, à aller à la rencontre des autres.. Puis à force de rouler, tu ne peux plus t’arrêter. Tu es dans cette liberté, un peu ivre, épris de liberté, et puis tu ne te rends pas compte que la vieillesse, cette chose là.., peut intervenir et t’avaler.
Oui, pour moi le vrai renard, c’est ça, c’est la vieillesse " Claire
Oui, pour moi le vrai renard, c’est ça, c’est la vieillesse " Claire
"Dans La Ferme du Père Castor, il y avait tout, tout comme chez nous. Ce livre, je l'ai feuilleté, feuilleté, feuilleté, je l'ai cherché, je ne l'ai pas retrouvé, il devait être en pièce détaché, il a du finir dans le feu. Je me souviens, j'étais assise sur ma petite chaise devant la cheminée, je ne savais pas encore lire, mais je regardais et je me racontais mon histoire avec les animaux. " Yvette
Les histoires du Père Castor, c'est beau, c'est vivant, ça inverse les rôles aussi, ce sont les enfants qui commandent. Marlaguette, elle fait sa morale, elle prend soin du loup…
"Avec l’album Les bons amis, je me laissais porter par la rythmique de l’histoire... Dans ce rythme, j’ai un peu le sentiment que la cadence et la répétition appuient le texte pour dire aussi que la gentillesse et la générosité sont contagieuses, et que le partage incite au partage. Et c'est ce qu’on retrouve couramment dans nos campagnes, où les gens vivent proches de la nature. On cultive son jardin, et le surplus de légumes, ça se partage, c’est naturel." Hedwige
"Panache l’écureuil, ce fut un véritable éblouissement. la profusion de couleurs était extraordinaire. Nous étions au début des années 1950, la guerre n'était pas loin. Ces livres, c’était les premiers livres lumineux que nous voyions. De le voir sauter dans les arbres comme ça. Ça m’a donné une sensation de... « Ah, on respire! » Marie-Hélène
Pour moi, ce livre « Jeux de formes » c’est un peu l'acmé du livre. C’est l'oeuvre d'art absolue. Et la difficulté de ces livres-là est de mesurer à quel point le cadre n'est pas enfermant, mais au contraire, émancipatoire. (…) Ce qui me plaisait en demandant ma résidence là, c'était d'assumer un héritage. Mais en me demandant que ferait aujourd’hui le Père Castor avec les enfants?
C'est peut-être ça, le rôle de l'illustrateur ou du faiseur de livres, de dessiner un monde idéal, le monde dans lequel il aimerait vivre pour éventuellement permettre une partition pour des constructeurs en chair et en os, des maçons, des gens qui vont se dire, « Tiens, il y a un truc peut-être réalisable ». Et faire des enfants, des castors, c’est aussi très beau.
L'exposition La Galerie des souvenirs a été créée à l’occasion des 20 ans de La Maison du Père Castor, située à Meuzac (87). Cet équipement culturel a pour vocation de préserver et transmettre un patrimoine majeur de la littérature jeunesse tout en s’adaptant aux besoins et enjeux du monde d’aujourd’hui au travers de 3 axes : la lecture publique - La Maison et son réseau intercommunal de sept médiathèques proposant un programme d’animation varié et inclusif ( prêt, ateliers, café, médiation animale, spectacles, expositions, conférences… ), la sensibilisation à l’environnement, avec un jardin, des ateliers nature et low-tech, et des accueils tout au long de l’année, et la conservation et la valorisation des Archives du Père Castor, inscrites au registre "Mémoires du monde" de l'UNESCO depuis 2017. La Maison du Père Castor est un lieu hybride qui poursuit à sa manière le rêve de Paul Faucher (créateur des albums du Père Castor) en rendant les livres accessibles et invitant chacun à être acteur de ses apprentissages à travers des activités manuelles et une observation de la nature.