Cette page présente ma collaboration avec la compagnie de Théâtre Les Fous de Bassan, en tant qu'artiste associée au projet L'eau c'est la vie, un projet qui propose de faire faire dialoguer citoyen·nes, agriculteur·rices autour de l’eau et du climat, à travers des lettres, des créations artistiques et des fêtes partagées.,
"En Pays Loire-Beauce, deux présences façonnent le territoire : la Loire, fleuve vivant qui modèle les sols, les usages et les imaginaires, et la nappe de Beauce, vaste masse d’eau souterraine qui conditionne durablement l’agriculture, l’alimentation en eau potable et l’équilibre des milieux. L’une est visible, mouvante, inscrite dans les paysages ; l’autre est enfouie, silencieuse, mais tout aussi déterminante.
Entre ces deux forces, l’eau circule : Mauves, mares, fossés, réseaux de captage, robinets domestiques. Une eau que l’on observe, que l’on prélève, qui parfois se raréfie, parfois déborde, et qui, toujours, raconte les transformations d’un territoire agricole confronté aux bouleversements climatiques.
La première Fête de l’eau, organisée à Tournoisis, marquait la clôture de l’appel à lettres du projet LETTRES DU PAYS – L’eau, c’est la vie !. 133 textes nous sont parvenus : récits intimes, colères, souvenirs, témoignages, regards d’enfants ou d’habitant·es de longue date. Ces lettres sont accessibles librement sur le site du projet, comme un vaste carnet de territoire ouvert à toutes et tous.
Avec cette seconde Fête de l’eau, une nouvelle étape s’ouvre : il s’agit désormais de faire vivre ces paroles. De les mettre en mouvement à travers un spectacle photographique, une exposition, des interventions d’expert·es, des jeux, des installations plastiques et des saynètes. Autant de formes pour que ces textes deviennent matière à rencontre, à discussion, à émotion partagée.
Nous poursuivons ainsi un même geste : créer des espaces où l’on prend le temps. Le temps d’écouter ce que l’eau dit de nos vies, le temps de croiser les savoirs, les expériences et les sensibilités, le temps d’imaginer ensemble d’autres manières d’habiter notre territoire. Parce que l’eau n’est pas seulement une ressource à gérer mais un bien commun à raconter, à penser et à protéger collectivement, nous croyons à la force de ces rendez-vous pour tisser du lien. Et si, cette fois encore, nous prenions le risque de nous parler, tout simplement?
Magali Berruet - les fous de bassan !
Un projet à suivre ICI
Des lettres, des photographies et des témoignages - exposition
Cette exposition propose une traversée du Pays Loire-Beauce à partir de « bulles » mêlant lettres d’habitant·es, photographies réalisées sur le territoire et témoignages recueillis au fil des rencontres. Chaque ensemble éclaire un aspect particulier de notre relation à l’eau, entre usages quotidiens, paysages et récits de vie. En laissant dialoguer images, textes et paroles, se compose une cartographie sensible du territoire, où l’eau apparaît sous ses différentes formes.
Exposition présentée créée pour La 2ème fête de l'eau, Chaingy, le 31 janvier 2026
Banquet de Lettres et d'eau - spectacle photographique
À partir d’une sélection de lettres reçues au cours du projet, ce spectacle photographique propose une plongée sensible au cœur du Pays Loire-Beauce. Il y est question de la nappe de Beauce, de la terre que l’on travaille, des inquiétudes, mais aussi des espoirs et de la biodiversité qui traverse ces paysages. Porté par les comédien·nes et par la présence des images dans l’espace, le spectacle crée une immersion progressive. Par la réflexion autant que par la sensibilité, il invite le public à s’interroger sur les enjeux de l’eau sur notre territoire.
Création présentée à la fête d l'eau de Chaingy - le 31 janvier 2026
Aujourd’hui jour de solstice d’hiver, je regarde 2025 arriver et avec une jolie aventure qui se profile, un projet de voyage inconnu avec des Fous de Bassan, vers l’eau.
L’eau de là et d’ici. - avec des oiseaux de mers implantés vers la Loire, oui c’est bien une question d’eau... Et c’est bien ce dont il s’agira pour ce nouveau projet agri – culturel auquel je suis ravie de participer.
L’eau. Celle qui court, dans la terre, dans les nappes, celle qui récemment engloutit et celle qui manque aux cultures assoiffées, celle qu’on attend ou redoute, mais aussi celle qui nous traverse dans nos corps, nous lave ou fait de nos larmes des océans. Celle qui fait partie de notre « être vivant.e » à tou.te.s.
Pour commencer j’ai envie d’évoquer l’eau qui circule. Entre les roches, entre les nuages et les sols, entre et dans les êtres. Celle qui ruisselle là dans les petits interstices, à peine visible, là où l’on croit que plus rien ne peut se glisser... Je me réjouis de cette circulation comme de notre collaboration à venir. Parce qu’en ces temps si difficiles, que faire sinon chercher ensemble tous les moyens de se relier encore, humains d’ici et d’ailleurs, humains et non humains, et de trouver encore des interstices... Ce mouvement qui se met en route, avec à sa source une merveilleuse compagnie de théâtre rassembleuse, est déjà un petit ruisseau.
Je suivrai l’eau qui méandre et parfois s’arrête, stagnante mais vivante comme une méditation, pour refléter ce soir la lune, un arbre ou un visage penché, photographie naturelle de nos présences humaines et non humaines.
Décembre 2024